Homélie pour la fête de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron du Canada « Homme juste, époux et serviteur fidèle »

Hermann Giguère

Homélie pour la fête de saint Joseph le 19 mars 2021 par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec en l'année consacrée à saint Joseph. Textes de l'Écriture: 2 Samuel 7, 4-5a.2-14a.16, Romains 4,13.16-18.22 et Matthieu 1, 16.18-21.24a.

J’ai été baptisé à la paroisse saint Joseph en Beauce et j’ai toujours eu une grande dévotion à saint Joseph. Je me rappelle avec nostalgie les invocations chantées à saint Joseph, protecteur des maisons religieuses à la fin de la prière du soir durant mes études classiques comme pensionnaire. Et que dire de la fête de saint Joseph que nous célébrions ici avec éclat. Les mots de la préface particulière pour la fête de saint Joseph au début de la Prière eucharistique m’ont inspiré les réflexions qui suivent.

I – L’homme juste que tu donnas comme époux à la Vierge Marie

Joseph est reconnu ici comme un homme juste. La richesse de ce terme dépasse l’usage qui en est fait lorsqu’il est appliqué au domaine financier. Dans la Bible le juste est quelqu’un d’accompli, un être épanoui et ouvert. Le juste est loué parce qu’il ne se regarde pas d’abord lui-même. Il porte avant tout son regard sur Celui qui l’a fait et qu’il sert : Dieu son créateur et son protecteur.

Dire que Joseph fut un homme juste, c’est le situer dans un environnement où ce n’est pas d’abord ce que tu fais, ce que tu gagnes, ce que tu réalises qui compte, mais c’est ce que tu es. C’est mettre de l’avant non pas le faire mais l’être. C’est pourquoi, l’humble artisan, le charpentier, que fut Joseph peut servir de modèle à tous ceux et celles qui demandent avec raison dans notre monde d’être reconnus dans leur dignité de personne humaine.

Joseph, l’homme juste, ne s’est pas renfermé sur lui. Il a accueilli, comme le raconte saint Luc dans son évangile, Marie de Nazareth comme épouse. Il a épousé en elle non seulement la jeune fille qu’il aimait, mais le destin que Dieu lui préparait. Ce qui l’amena à devenir comme le dit la préface à laquelle je me référais tout à l’heure « le serviteur fidèle et prudent à qui tu confias la sainte Famille ».

II- Serviteur fidèle et prudent

Ce rôle unique de Joseph auprès de Marie et de Jésus en fait une figure exceptionnelle. Tous les parents ici savent ce qu’il en coûte de temps et d’amour pour qu’une famille s’épanouisse et vive dans l’harmonie et le bonheur. Celle de Joseph, la Sainte Famille, a réalisé à la perfection sa mission en permettant à ses membres d’être ce qu’ils étaient appelés à être de toute éternité.

Sur les chemins de la vie quotidienne, la famille de Joseph a connu, c’est sûr, des hivers et des étés, des hauts et des bas, des questionnements même, mais Joseph ne mit jamais de côté cette foi et cette confiance en la Parole de Dieu qui se manifestaient dans son cœur et dans son intelligence.

Nous savons qu’il fut présent à Jésus et à Marie durant l’enfance de Jésus puisqu’on le retrouve avec eux au Temple lorsque Jésus avait 12 ans. On ne connaît pas ce qui s’est passé par la suite. Joseph disparaît du décor et au moment où Jésus commence à prêcher la Bonne nouvelle, il n’est plus question de lui dans les évangiles.

N’est-ce pas le lot d’un bon serviteur de laisser la place au Maître et de rester dans l’ombre ? Joseph s’est réalisé pleinement en donnant à sa façon Jésus au monde. C’est pourquoi, vous remarquerez que les statues et les tableaux de saint Joseph le présente habituellement tenant Jésus dans ses bras.

III – Un modèle pour aujourd’hui et un modèle de toujours

Dans notre la vie de tous les jours, tous et toutes, qui que nous soyons, nous sommes disciples de Jésus et, comme Joseph, nous le portons en nous, dans nos mains, dans nos gestes, dans nos actions. C’est à travers nous qu’il est encore présenté au monde aujourd’hui comme hier. Quelle belle mission que celle de présenter Jésus au monde.

Vous le savez les conditions où nous nous trouvons sont difficiles : décrochage et baisse de la pratique religieuse, sécularisation galopante, crise de confiance envers l’Église etc.

Le chrétien croyant baptisé chemine comme Joseph dans la foi et la confiance. Il n’attend pas de changements magiques. Il se tient là toujours prêt à recevoir ce que Dieu donne.

Nous sommes invités à être aujourd’hui, comme Joseph, de bons serviteur qui laissent la place au Maître et acceptent de rester dans l’ombre. Remplis de foi nous gardons une confiance inébranlable dans l’action du Seigneur. Même si nous ne la voyons pas toujours, nous y croyons de tout notre cœur.

Conclusion

Que cette Eucharistie où nous nous retrouvons ensemble comme frères et sœurs réunis pas une même foi manifeste à travers les gestes de Jésus à la dernière Cène notre désir de le suivre toujours de mieux en mieux, car « le maître, c’est le Christ; vous êtes à son service » comme le rappelle saint Paul aux Colossiens. « Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. » (Colossiens 3,17)

Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec
























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