Homélie pour le 15e dimanche du temps ordinaire Année A « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Hermann Giguère

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 15e dimanche du temps ordinaire Année A à la Chapelle du Lac Poulin le 12 juillet 2020 . Textes : Isaïe 55, 10-14, Romains 8, 18-23 et Mathieu 13, 1-23.

Nous commençons aujourd’hui une série de textes de l’Évangile de saint Mathieu qui sont des paraboles, des comparaisons que Jésus utilise pour faire comprendre ce qu’il veut dire quand il parle du « Royaume » de son Père. En effet, ce n’est pas nécessairement avec des démonstrations, des thèses qu’on fait comprendre. Ce qui est important c’est d’écouter ces histoires que sont les paraboles avec son cœur. « Celui qui a des oreilles, qu’il entende » dit Jésus à la fin de l’évangile lu.

La plupart des paraboles partent de la vie de tous les jours avec des images simples à la portée de tous, elles sont souvent de petites histoires faciles à comprendre. Celle d’aujourd’hui est la parabole du semeur qui sortit pour semer.

I – La parabole du semeur

Cette parabole que nous rapporte aujourd’hui l'évangile de saint Mathieu, est bien connue. Nous l'avons entendue dans sa version brève. Vous pouvez la lire en entier dans la lecture longue. Quel est le message qui se dégage de l'ensemble de cette parabole ?

C'est la question que j'ai posée autour de moi à mes confrères du Séminaire : "Que vous dit cette parole ?" ai-je demandé. Et voici en résumé ce qui est ressorti de mes échanges avec deux confrères africains et deux confrères québécois.

D’abord, d’entrée de jeu, tous se disaient - moi aussi- que cette parabole veut nous enseigner la patience dans l’attente que la semence lève. Attendre patiemment que le soleil, la pluie, le temps fassent leur œuvre. Unanimité sur cette leçon générale de la parabole.

Mais là où les divergences sont apparues c’est sur la façon de vivre l’attente. C’est bien beau d’attendre, mais pendant l’attente ne peut-on pas faire quelque chose : mette de l’engrais, retourner la terre, apporter de l’eau etc… et là s’est levée une forte discussion entre les deux prêtes africains et les deux prêtres québécois. Je vous la raconte brièvement et je vous laisse juger.

II – Un riche discussion

Les prêtres africains ont répété plusieurs fois : on ne peut rien faire, la puissance est dans la semence, on attend que cette puissance éclate par elle-même, on ne peut s’y substituer. Quoi faire alors dans le d’attente ? Eh bien ! on sème du mil dans un autre champ, de la pistache ailleurs en attendant que la première semence lève. Les québécois étaient un peu décontenancés, perplexes.

Ils disaient « Oui, oui c’est bien beau d’attendre, mais on pourrait mettre de l’engrais, amener de l’eau, arroser etc. » Les africains répondaient : « Chez nous,, il n’y a pas d’eau en réserve, il faut attendre la pluie. » Les québécois disaient : « Oui, mais ne pourriez-vous pas irriguer etc. » Les africains répondaient « Vous ne comprenez pas. Toutes ces choses que vous proposez peuvent aider bien sûr à la croissance de la semence, mais ce qui est nécessaire c’est de laisser le temps à la semence elle-même germer ».

III – Application

Eh bien ! Qu’en pensez-vous? Je dois dire que je pense que ce sont mes amis africains qui ont bien compris le message de la parabole du semeur.

Moi et mes amis québécois nous nous concentrions sur la terre, nous nous voyions comme de bons jardiniers alors que ce que la parabole du semeur nous souligne c’est la puissance de la semence. On le sait « parfois un seul mot peut sauver ou détruire une vie ».

Et une application concrète de cette heureuse patience de Dieu que Jésus nous révèle ce matin c’est de comprendre que notre Dieu est un Dieu qui dit : « Donnez une chance aux gens. Aidez-les à cheminer. Ne jugez pas trop vite ». Dieu donne toujours le temps de changer, de retrouver ce qu’il y a de bon dans les gens.

Retenons ceci : nous sommes toutes et tous bénéficiaires de cette bienveillance et de cette patience de Dieu qui sème à tout vent. À mon tour d’être patient avec le monde qui m’entoure, de toujours donner la chance au coureur.

Conclusion

Comme personnes baptisées habituons-nous à écouter le message de Jésus, en particulier celui des paraboles, non seulement avec nos oreilles de chair,, mais avec notre cœur. Les paroles de Jésus demandent à être mises en lieu avec notre vie concrète, elles ne sont pas seulement des vérités, mais elles sont avant tout vie : « Mes paroles son esprit et vie » dit Jésus lui –même ( Jean 6, 58).

Que cet Eucharistie nos aide à reconnaître les paroles que Jésus dit lui-même à notre cœur à l’intérieur de nous-mêmes et prenons le temps de les écouter dans la foi et l’ouverture.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec




7 juillet 2020











LECTURES DE LA MESSE pour le 15e dimanche du temps ordinaire Année A

PREMIÈRE LECTURE
« La pluie fait germer la terre » (Is 55, 10-11)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
« La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 64 (65), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14)
R/ Tu visites la terre et tu l’abreuves, Seigneur,
tu bénis les semailles. (cf. Ps 64, 10a.11c)

Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau,
tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.

Tu couronnes une année de bienfaits,
sur ton passage, ruisselle l’abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.

Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !

DEUXIÈME LECTURE
« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 18-23)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure
entre les souffrances du temps présent
et la gloire qui va être révélée pour nous.
En effet la création attend avec impatience
la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise au pouvoir du néant,
non pas de son plein gré,
mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir.
Pourtant, elle a gardé l’espérance
d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation,
pour connaître la liberté
de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Nous le savons bien,
la création tout entière gémit,
elle passe par les douleurs d’un enfantement
qui dure encore.
Et elle n’est pas seule.
Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ;
nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint,
mais nous attendons notre adoption
et la rédemption de notre corps.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-23)
Alléluia. Alléluia.
La semence est la parole de Dieu ;
le semeur est le Christ ;
celui qui le trouve demeure pour toujours.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit :
« À vous il est donné de connaître
les mystères du royaume des Cieux,
mais ce n’est pas donné à ceux-là.
À celui qui a, on donnera,
et il sera dans l’abondance ;
à celui qui n’a pas,
on enlèvera même ce qu’il a.
Si je leur parle en paraboles,
c’est parce qu’ils regardent sans regarder,
et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe :
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Le cœur de ce peuple s’est alourdi :
ils sont devenus durs d’oreille,
ils se sont bouché les yeux,
de peur que leurs yeux ne voient,
que leurs oreilles n’entendent,
que leur cœur ne comprenne,
qu’ils ne se convertissent,
– et moi, je les guérirai.
Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient,
et vos oreilles puisqu’elles entendent !
Amen, je vous le dis :
beaucoup de prophètes et de justes
ont désiré voir ce que vous voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu.

Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre,
le Mauvais survient
et s’empare de ce qui est semé dans son cœur :
celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
c’est celui qui entend la Parole
et la reçoit aussitôt avec joie ;
mais il n’a pas de racines en lui,
il est l’homme d’un moment :
quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
il trébuche aussitôt.
Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
c’est celui qui entend la Parole ;
mais le souci du monde et la séduction de la richesse
étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
c’est celui qui entend la Parole et la comprend :
il porte du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.




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