Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C « Va te mettre à la dernière place »

Hermann Giguère

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 1 septembre 2019 à la Chapelle du Lac Poulin. Textes: Siracide 3, 17-18.20.28-29, He 12, 18-19.22-24a et Luc 14, 1.7-14

Dans l’évangile d’aujourd’hui, il y a deux parties, Chacune avec un message particulier. La première c’est la parabole des invités au repas et la seconde ce sont les remarques de Jésus à celui qui l’avait invité

I - La parabole du repas

D’abord la parabole du repas.

Ici Jésus ne parle pas des convenances sociales, c’est une parabole, une histoire avec une leçon, un message. Jésus ne nous dit pas comment recevoir les amis, les parents. Cela dépend des diverses cultures, des convenances. On peut mettre les jubilaires, les mariés à la première place… cela varie d’un pays ou d’une région à l’autre.

Jésus ici nous parle non pas des convenances sociales, mais des « convenances du Royaume de Dieu ». Il exprime un message, une vérité qui concerne nos relations avec Dieu.

Qu’est-ce qu’il dit ? « Ne faites pas les prétentieux, rester humbles devant Dieu ». En d’autres mots, pour entrer dans le Royaume de Dieu il faut se faire petit. On ne se sauve pas soi-même. C’est Dieu qui nous sauve.

Un exemple? J’ai pensé ici à Jean Vanier qui vient de mourir (1928-2019) le 7 mai. Il a vécu cette attitude d’humilité essentielle au chrétien. Il y a été conduit à la pratiquer en se mettant au service des handicapés de toutes sortes et en les écoutant. Il en est sorti une œuvre qui s’appelle l’Arche qui compte 147 communautés répandues dans le monde entier. Pour Jean Vanier se mettre au service de ces petits du Royaume c’est refuser de se faire valoir, de se considérer supérieur à eux. Ce qui compte c’est de se laisser conduire par eux dans un chemin où l’amour est au rendez-vous en tout temps.

Il en va ainsi dans le Royaume de Dieu. C’est cela choisir la dernière place et laisser Dieu agir en nous, à sa façon, pour nous rendre proches de lui, à la place qu’il nous a choisie. Voilà le message. Ne pas faire les prétentieux avec Dieu, se reconnaître petit avec humilité, accepter d’avoir besoin de Dieu pour conduire notre vie.

II – Les remarques de Jésus à son hôte

La deuxième partie de l’évangile de ce matin est constituée des remarques de Jésus au pharisien qui l'avait invité, c'est aussi à nous qu’elles peuvent s’appliquer.

Encore là Jésus ne veut pas briser nos usages, nos convenances, nos politesses : c’est bien de se retrouver entre amis, d’inviter ses parents, de fêter ensemble. Ici, Jésus veut nous dire, je pense, qu’un chrétien ne peut pas s’en tenir à cela. Dans le Royaume de Dieu on doit penser aux autres, à ceux qui sont plus faibles, qui sont dans le besoin. Avez-vous déjà remarqué comment on apprécie une visite lorsqu’on est malade? Lorsqu’on est âgé, un coup de téléphone de quelqu’un fait parfois tellement de bien. Le chrétien est celui qui ne se ferme sur lui-même. Il a le cœur de penser aussi aux autres. « En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? nous prévient Jésus ». (Cf. Mathieu 5, 46)

Le pape François nous donne l’exemple de quelqu’un qui va le plus loin qu’Il peut le faire vers les autres. Il nous invite à aller comme lui vers ce qu’il nomme « les périphéries » et de ne pas avoir peur de nous laisser déranger par les besoins autour de nous.

Le chrétien met toujours au premier plan la gratuité dans sa vie. Et on la voit heureusement en œuvre de nos jours dans nos sociétés dans une progression remarquable du bénévolat qui est une des formes modernes de cette préoccupation pour les autres qui n'est pas réservée aux chrétiens, bien sûr. Pourquoi ne pas choisir cet automne à la reprise des activités une activité de bénévolat? Voilà l’invitation est lancée.

III - Application

Il n’est pas facile d’arriver à vivre comme Jésus nous invite à le faire, dans ces propos de table chez le pharisien. Pour le faire, il y un une attitude qu’on doit développer sur le plan humain et que la première lecture tirée du livre d’un sage d’autrefois qui s’appelait Ben Sira décrit avec conviction : c’est l’humilité. C’est si bien dit qu’il me suffira de relire le passage que nous avons entendu qui fait l’éloge de celle-ci.

« Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité,
et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser :
tu trouveras grâce devant le Seigneur.
Grande est la puissance du Seigneur,
et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l’orgueilleux est sans remède,
car la racine du mal est en lui. »

Comme on l’a dit avec justesse : « L’humilité c’est la vérité ».

Demandons au Seigneur de nous garder toujours conscients que c’est de lui qui nous recevons notre grandeur et comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus remettons-lui notre petitesse et nos limites comme un enfant qui se jette dans les bras de ses parents.

Conclusion

Notre Eucharistie est un repas, un repas où tous ensemble sans faire de distinctions, nous nous faisons petits pour accueillir le Seigneur qui lui nous considère comme ses enfants. Que cette célébration nous rende de plus en plus de véritables fils et filles du Père des cieux à l’image de Jésus, le Fils Bien-aimé, toujours vivant que nous accueillons sous les espèces du Pain et du Vin auxquels nous communions.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

27 août 2019



Lectures de la messe pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C

Première lecture
« Il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur » (Si 3, 17-18.20.28-29)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité,
et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser :
tu trouveras grâce devant le Seigneur.
Grande est la puissance du Seigneur,
et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l’orgueilleux est sans remède,
car la racine du mal est en lui.
Qui est sensé médite les maximes de la sagesse ;
l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute.

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11)

R/ Béni soit le Seigneur :
il élève les humbles. (cf. Lc 1, 52)

Les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure.
À l’isolé, Dieu accorde une maison ;
aux captifs, il rend la liberté.

Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.

Deuxième lecture

« Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant » (He 12, 18-19.22-24a)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
quand vous êtes venus vers Dieu,
vous n’êtes pas venus vers une réalité palpable,
embrasée par le feu, comme la montagne du Sinaï :
pas d’obscurité, de ténèbres ni d’ouragan,
pas de son de trompettes
ni de paroles prononcées par cette voix
que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre.

Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion
et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste,
vers des myriades d’anges en fête
et vers l’assemblée des premiers-nés
dont les noms sont inscrits dans les cieux.
Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous,
et vers les esprits des justes amenés à la perfection.
Vous êtes venus vers Jésus,
le médiateur d’une alliance nouvelle.

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ;
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


















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