Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année B « Ouvre-toi! Effata! »

Hermann Giguère

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 9 septembre 2018 Année B. Textes: Isaïe 35, 4-7a, Jacques 2, 1-5 et Marc 7, 31-37.

L’évangile d’aujourd’hui nous raconte un autre miracle de Jésus. On s’imagine bien la scène. On voit Jésus qui se prête à des gestes symboliques. Il amène le sourd-muet à l’écart, il lui met les doigts dans les oreilles, puis avec de la salive, il lui touche la langue et il le guérit. C’est l’allégresse et la joie autour.

Et pourtant, ce miracle n’est rien en lui-même. C’en est un parmi d’autres. Ce qui est important, c'est ce que Jésus veut nous enseigner par ce miracle. Ici, Jésus veut nous montrer qu’il n’est pas venu guérir seulement les oreilles ou la bouche, mais qu’il vient, aussi surprenant que cela paraisse, guérir toute la personne. Il vient guérir la personne toute entière. Il n’apporte pas seulement des recettes de vie, des soulagements passagers à nos maux. Il donne un sens à toute notre vie.

I- Les mots de l’évangile

Il y a un mot à retenir dans l’évangile d’aujourd’hui. C’est « Ouvre-toi », en araméen « Effata ».

Jésus ne dit pas aux oreilles « Ouvrez-vous », à la bouche « Ouvre-toi ». C’est à l’handicapé, au sourd et muet lui-même, qu’il dit « Ouvre-toi » « Effata ». C’est un peu comme s’il lui disait : « Écoute, il ne suffit pas d’entendre des mots, il faut aussi écouter, accueillir avec son cœur. Il ne suffit pas de dire des mots, de parler, il faut aussi communiquer ».

Écouter avec son cœur, communiquer c’est tellement nécessaire. Avec les enfants, combien de parents se sont fait dire « Tu ne m’as pas écouté ». Pensez au monologue de Pauline Julien « As-tu 2 minutes? »

Jésus nous enseigne ici que l’important dans les relations c’est la personne. « Tu parles plus par ce que tu es que par ce que tu dis ». Jésus veut que notre cœur et toute notre personne se mettent à l’écoute de ses paroles. Ses paroles, il nous les dit à l’écart, dans l’intime de notre cœur. Il vient guérir et sauver toute la personne, donner un sens à sa vie, pas seulement la faire entendre ou la faire parler.

II- Message et application

Et si nous accueillons le salut de Dieu avec Jésus, tous les miracles sont possibles. Voilà, je pense, le message de l’Évangile d’aujourd’hui : « Ouvrez vos cœurs à Jésus et avec lui vous verrez, dans vos vies, des changements, de belles choses qui vont se produire ».

Cette leçon, ce message, tombe bien en ce début de septembre. Nous retournons à nos occupations. Les enfants retournent en classe. Diverses activités se préparent, sociales ou pastorales, pour l’automne. C’est une période nouvelle qui commence.

Au lieu de voir ce temps comme un fardeau après l’été, pourquoi ne pas s’ouvrir à ces nouvelles activités, à ce nouveau rythme de vie avec confiance et en profiter pour nous renouveler nous-même ?

Pourquoi, au cours de cette messe et durant la semaine, ne pas nous arrêter un petit moment « à l’écart » pour faire à Jésus une prière où nous lui dirons notre ouverture vis-à-vis ce qui nous attend dans les prochains mois ? Nous pourrions aussi dans cette prière en silence écouter ce que son Esprit nous inspirera comme priorité.

Conclusion

C’est ainsi, mes frères et sœurs, que le salut de Jésus continuera d’être créateur dans nos vies concrètes comme il l’a été pour le sourd et muet qu’il a changé totalement. Jésus nous changera pour le mieux nous aussi. Les miracles sont toujours possibles. C’est ce que je vous souhaite de tout cœur à toutes et à tous.


Amen!

Mgr Hermann Giguère, P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


4 septembre 2018





















Commentaires (0)
Nouveau commentaire :


Twitter Facebook Rss YouTube

Droits réservés Carrefour Kairos
© Hermann Giguère 2015