Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »

Hermann Giguère

Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B le 7 novembre 2021. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: 1 Rois 17, 10-16 Hébreux et 9, 24-28 et Marc 12, 38-44.

En lisant l’évangile de ce dimanche, je me suis souvenu de ce repas chez les Petites Sœurs de Jésus dans le bidonville de Tondo à Manille aux Philippines. J’avais été saisi de voir les voisins bien démunis apporter aux sœurs et à leurs invités des plats qui étaient leur nécessaire. Ils le faisaient dans un esprit d’hospitalité et avec cœur. Ils donnaient de ce qu’ils avaient besoin pour vivre.

Il en est ainsi de cette veuve que Jésus observe. Elle donne deux pièces de monnaie qu’elle prend sur son indigence et non pas sur son superflu. C’est un geste frappant. Et Jésus commente : « elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

I – Un coeur rempli d'ouverture et d'abandon

Ce commentaire nous indique où chercher le message de cette scène, Avec cette pauvre veuve, il ne s’agit pas d’un fioretti, d’une belle histoire ou encore d’une invitation au partage avec cette pauvre veuve. Non! le message ici est avant tout spirituel. Il nous invite à regarder comment Dieu rejoint l’humanité blessée et éloignée de lui.

Un premier constat fait ressortir le contraste entre les scribes et la veuve. Les scribes sont au haut de l’échelle sociale. Ils se complaisent dans le paraître. Ils s’affichent comme des bons pratiquants et des bien-pensants. Ils s’enorgueillissent de leurs pratiques et ils oublient d’y mettre leur cœur.

La veuve en bas de l’échelle sociale se présente avec humilité, dans sa pauvreté et elle met tout son cœur dans le geste qu’elle pose. Elle donne tout…elle donne ce qu’elle a pour vivre…elle « donne sa vie ».

Le message qui ressort de ce contraste c’est que notre Dieu est rejoint par ceux et celles qui mettent tout entre ses mains comme cette veuve qui laisse au temple tout ce qu’elle a, qui vient offrir toute sa vie. Son cœur est rempli d’abandon et d’ouverture. Il sera rempli de l’amour de Dieu car Dieu ne peut rejeter celui ou celle qui lui offre sincèrement toute sa vie, tout ce qu’il est.

En effet, Jésus nous enseigne que Dieu aime ceux et celles qui non seulement entendent sa Parole, mais qui l’acceptent avec joie et la mettent aussi en pratique (Luc 8, 21).

II – Riche et pauvre

Un deuxième constat mérite d’être souligné. Il s’agit du contraste qui existe entre, d’une part, le riche bien à l’aise et sûr de lui et, d’autre part, la pauvre veuve qui a bien peu à apporter.

Et le message qui ressort des paroles de Jésus c’est que pour Dieu ce qui compte ce n’est pas ce que nous avons, mais ce que nous sommes, ce n’est pas la valeur de ce que nous apportons, mais c’est de présenter à Dieu ce que nous sommes sans crainte et sans peur.

Dieu se penche sur notre petitesse comme un Père miséricordieux. Il en fait sa joie et son bonheur, car il aime ceux et celles qui offrent avec cœur tout ce qu’ils sont. Comme Jésus, le disciple apprend à tout donner malgré les difficultés, les hésitations et les souffrances.

Ainsi le disciple ira jusqu’au bout. Comme la veuve il donnera de son indigence et Dieu se laissera toucher par celle-ci, par la petitesse du pauvre qui se confie totalement à son amour et à sa miséricorde.

III – Les fruits du don

La veuve de la première lecture nous montre les retombées spirituelles d’une telle offrande totale de soi-même. La veuve de Sarepta voit sa vie illuminée par une présence qui ne la quitte plus. Sa jarre de farine ne s’épuise pas et son vase d’huile ne se vide pas.

Pour nous aussi, Dieu répand sa grâce et ses dons avec largesse. Il a ressuscité Jésus qui s’est donné jusqu’au bout. Il en a fait le Premier-Né d’une multitude de frères et sœurs. Et chacun et chacune d’entre nous est appelé à suivre ses pas en offrant sa vie, en offrant tout ce qu’il est pour ainsi marcher sur ses traces et s’asseoir un jour avec Lui pour le banquet éternel. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)

Conclusion

Que cette messe soit pour nous un moment d’offrande à Dieu de tout ce que nous sommes dans une confiance totale, une occasion d’ouvrir la porte.

Et que Jésus par son Corps et par son Sang partagés nous entraîne à sa suite pour réaliser de plus en plus en union avec lui, par lui et en lui une offrande totale de toute notre vie qui appartient à Dieu et qui retourne à lui à chaque jour que nous vivons.

 Amen!

Mgr Hermann Giguère, P.H.
Séminaire de Québec
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

le 2 novembre 2021




















LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)
Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là,
le prophète Élie partit pour Sarepta,
et il parvint à l’entrée de la ville.
Une veuve ramassait du bois ;
il l’appela et lui dit :
« Veux-tu me puiser, avec ta cruche,
un peu d’eau pour que je boive ? »
Elle alla en puiser.
Il lui dit encore :
« Apporte-moi aussi un morceau de pain. »
Elle répondit :
« Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu :
je n’ai pas de pain.
J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine,
et un peu d’huile dans un vase.
Je ramasse deux morceaux de bois,
je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste.
Nous le mangerons,
et puis nous mourrons. »
Élie lui dit alors :
« N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit.
Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ;
ensuite tu en feras pour toi et ton fils.
Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël :
Jarre de farine point ne s’épuisera,
vase d’huile point ne se videra,
jusqu’au jour où le Seigneur
donnera la pluie pour arroser la terre. »
La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé,
et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils
eurent à manger.
Et la jarre de farine ne s’épuisa pas,
et le vase d’huile ne se vida pas,
ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)
R/ Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! (Ps 145, 1b)

Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

DEUXIÈME LECTURE
« Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)
Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ n’est pas entré
dans un sanctuaire fait de main d’homme,
figure du sanctuaire véritable ;
il est entré dans le ciel même,
afin de se tenir maintenant pour nous
devant la face de Dieu.
Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois,
comme le grand prêtre qui, tous les ans,
entrait dans le sanctuaire
en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion
depuis la fondation du monde.
Mais en fait, c’est une fois pour toutes,
à la fin des temps,
qu’il s’est manifesté
pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois
et puis d’être jugés,
ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois
pour enlever les péchés de la multitude ;
il apparaîtra une seconde fois,
non plus à cause du péché,
mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)
Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
dans son enseignement, Jésus disait aux foules :
« Méfiez-vous des scribes,
qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat
et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues,
et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves
et, pour l’apparence, ils font de longues prières :
ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,
et regardait comment la foule y mettait de l’argent.
Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança
et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara :
« Amen, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis dans le Trésor
plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu,
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle possédait,
tout ce qu’elle avait pour vivre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE
« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 41-44)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,
et regardait comment la foule y mettait de l’argent.
Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança
et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara :
« Amen, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis dans le Trésor
plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu,
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle possédait,
tout ce qu’elle avait pour vivre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




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